Tous les chants d’oiseaux sont des chants d’amour

Qui n’a jamais rêvé de comprendre le langage des oiseaux ? Un petit garçon, lui, en est capable depuis son plus jeune âge. Il les aime tant, il les comprend si bien qu’il ne s’exprime que dans ce langage appelé pawpaw. A tel point d’ailleurs qu’en dehors de son jeune frère personne n’est capable d’interpréter les sons qu’il émet. Ne pouvant se faire comprendre du monde extérieur, il lui est impossible de s’inclure dans la société. 

Devenu adulte, on lui confie l’entretien de la volière d’une école maternelle dont les oiseaux exotiques font le bonheur des enfants. Les petits le surnomment d’ailleurs affectueusement « le monsieur aux petits oiseaux » Comme quand il était petit garçon, il rend toujours visite à la pharmacienne, tous les mercredis, pour lui acheter des sucettes. Un rituel immuable. Son frère cadet s’est donné pour mission de veiller à ce que rien ni personne ne vienne le perturber. 

Petits Oiseaux, roman de l’écrivaine japonaise Yôko OGAWA, n’est pas un roman. C’est un long, doux et triste poème. Une tendre mélancolie. Il y est question de chants d’oiseaux cristallins qui s’échappent presque des pages du livre, du temps qui glisse entre nos doigts, d’oiseaux à lunettes et de grillons grelots, du silence assourdissant de la solitude et enfin, de deux âmes que rien ne peut séparer.

Oiseau à lunettes

Oiseau à lunettes

Ce roman poétique aux 267 merveilleuses pages traite avant tout des difficultés de notre société à accepter la différence,  peu importe la forme qu’elle prend. Ici, le « monsieur aux petits oiseaux » est un petit garçon puis un adulte autiste que la société n’a pas réussi à intégrer. Une société qui ne réussit pas à s’adapter aux différences est une société qui se prive d’une partie de sa richesse. Voilà le magnifique message de ce roman. 

Il dénonce aussi la solitude ordinaire, celle dont les personnes bien entourées ne peuvent soupçonner l’existence : le silence de plomb que seules les ondes radio arrivent à rompre, l’absence palpable avec laquelle on dîne le soir venu, la joie extraordinaire enfin quand, au cours de la journée, on partage une conversation – ou quelques mots seulement – avec un autre être humain.

Sans doute ma lecture la plus belle, la plus douce et la plus triste de cette année 2017. 

 

Petits Oiseaux Yôko Ogawa

Petits Oiseaux Yôko Ogawa

Petits Oiseaux, de Yôko Ogawa, est paru aux Editions Actes Sud, collection Babel, en 2014 

 

 

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