Un éléphant ça trompe énormément

Tout avait pourtant si bien commencé… La quatrième de couverture m’avait vraiment séduite : une étrange histoire d’éléphant rose miniature apparu comme par magie à un sans domicile fixe (non alcoolisé, je précise) Inventer toute une histoire autour d’un tel point de départ, c’était original. Et hardi. 

Dès les premières pages donc, je fais la connaissance de Schoch, le sans abri en question. De cafés en bières (bien qu’il puisse sans problème se passer d’alcool, enfin selon lui…) cet homme solitaire et taiseux passe ses journées à arpenter la ville et rentre chaque soir dans ce qui lui sert de logement : une grotte sur la berge de la rivière. Un soir, alors qu’il rejoint son abri pour y passer la nuit, Schoch y découvre un minuscule éléphant rose. Pensant avoir à faire à un jouet d’enfant, ou encore à une hallucination, il s’endort sans sourciller. Le lendemain matin, stupeur : non seulement l’éléphant est toujours là, mais il est fait de chair et de sang. Vivant. Et il brille dans le noir. Aussi.

En parallèle, à des kilomètres de là, des femelles éléphants sont soignées dans un cirque par un homme qui les vénère véritablement, Kaung. Si ce birman parle mal notre langue, il parle très bien la leur et sait d’instinct ce qui ne va pas chez ces mammifères. Des scientifiques véreux en mal de reconnaissance réalisent malheureusement leurs manipulations génétiques sur ces femelles que Kaung protège comme il le peut. Leur objectif : réussir à créer un éléphant « jouet » : minuscule, rose et phosphorescent. 

Et voilà que passent les pages et que je m’ennuie, d’un ennui si profond qu’il ne me permettra pas, je le sais déjà, de terminer ce livre. Fait rarissime. Après avoir suivi dans le détail les repas et les soins apportés à la minuscule éléphante rose, les conversations plates et sans saveur de Schoch et de la vétérinaire engagée qui l’aide à soigner l’animal, les plans machiavéliques des scientifiques et autres hommes d’affaires qui considèrent les bêtes comme des produits à améliorer, je laisse tomber

Il était pourtant écrit sur la quatrième de couverture que Martin Suter, le créateur d’Elephant, est à ce jour le « romancier suisse le plus lu du monde » Combien y a-t-il de romanciers en Suisse ? Certes, le roman est très bien écrit, personne ne peut le nier. Mais est-ce bien suffisant ? Avant de bien écrire, il faut faire l’effort d’une histoire rythmée, qui tienne les lecteurs en haleine et pique leur curiosité. C’est raté. 

En bref, une déception pachydermique (si vous me permettez…) 

Un éléphant ça trompe énormément dans S'ouvrir à l'art, c'est s'ouvrir à l'autre... 3199ojw-wcl._sx195_-181x300

Elephant, de Martin Suter, est paru aux Editions Christian Bourgeois en 2017.

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