Clémence, depuis l’autre côté

A lire les mots de cette enfant de 8 ans, tous écrits à l’imparfait, on en a immédiatement la certitude : elle n’est plus là. Elle n’a pas survécu. On ne sait pas à quoi, on ne sait pas pourquoi, mais elle n’est plus en vie. Des épisodes de sa courte vie se succèdent, page après page, vestiges d’un passé encore frais malgré les années, sensibles, tendres et heureux. 

Clémence – c’est son prénom – aurait du quitter ce monde en paix et regagner la nuit après que sa vie l’ait abandonnée, mais elle a été retenue. Retenue en otage dans la mémoire de son père qui n’a jamais pu se résoudre à la laisser partir. Ce père qui, fou de douleur, ne pense qu’à elle chaque seconde qui s’écoule depuis plus de quinze ans. Qui en a oublié de poursuivre sa propre vie d’homme et de mari. 

Depuis l’esprit de ce triste geôlier qui la retient prisonnière, elle revoit Just, ce petit garçon auquel, elle l’aurait parié, la vie l’avait pourtant destinée. Les années ont passé et Just s’apprête aujourd’hui à devenir père. La vie a continué pour lui : quelle injustice ! Clémence aurait sans doute aimé devenir la mère de cet enfant. Pour la maintenir en vie, coûte que coûte, le père de la petite lui a inventé tous les destins possibles jusqu’à écœurement, jusqu’à épuisement. Page après page, on se demande avec inquiétude s’il réussira un jour à laisser sa petite partir en paix… 

Je voudrais que la nuit me prenne, d’Isabelle Desesquelles, est un roman profondément dérangeant. Si la fillette est prise en otage par l’esprit de ce père incapable de faire son deuil, le lecteur lui aussi est prisonnier des ressentis de cet homme. Amers, bruts et extrêmement douloureux.

Passer sans transition aucune des souvenirs pétillants et innocents de l’enfant à une scène de sexe crue digne d’un mauvais porno donne la nausée. L’amertume de l’homme, ses allers et retours permanents entre souvenirs heureux et douleur immonde de constater que la vie poursuit son oeuvre sans sa fille est très pénible. Ajoutons à cela des souvenirs qui reviennent en boucle, lancinants, et cet ouvrage, quoique parfaitement bien écrit, finit par taper sur les nerfs. On le referme avec soulagement. 

 

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