Le bal des femmes

La Salpêtrière, 1885. Ici vivent des femmes qu’on dit folles. Il y a Louise, l’adolescente qui a échappé à un incendie mais pas aux griffes perverses de son oncle, Thérèse, la tricoteuse de châles depuis plus de vingt ans et tant d’autres encore. Geneviève est l’infirmière qui supervise le quotidien de cet asile. Ferme et austère, anesthésiée par les blessures de son passé, elle ne croit plus en rien. Pour elle, toutes ces femmes sont perdues à jamais. Leur existence n’est utile qu’aux scientifiques qui les étudient.

Une leçon clinique à la Salpêtrière - André Brouillet - 1887

Une leçon clinique à la Salpêtrière – André Brouillet – 1887

L’établissement est en effervescence au moment où l’histoire commence : le bal des folles va avoir lieu. Ce bal est l’événement de l’année : les bourgeois y viennent en effet pour ridiculiser ces pauvres femmes déguisées qu’on donne en spectacle comme on les donnerait en pâture à des hyènes. C’est au beau milieu de cette ébullition qu’arrive une nouvelle « folle », abandonnée ici par son propre père qui ne veut plus en entendre parler.

Eugénie, c’est son prénom, n’est pas disposée à se laisser faire. Elle a été trahie, c’est tout. Elle voit des morts et parle avec eux, certes. Son seul problème a été de s’en ouvrir à une personne en laquelle elle avait confiance. C’est Geneviève qui la prend en charge à son arrivée. Pour cette femme qui ne croit en rien, la rencontre promet d’être bouleversante…

Qui sont les vrais fous dans ce premier roman de Victoria Mas, Le Bal des Folles ? Ces femmes blessées par la vie qui, ivres de douleur, sans soutien, sans assistance, ne sont pas parvenues à s’en sortir, ou les hommes qui les amènent ici pour s’en débarrasser ? Combien de femmes ont-elles été, au travers le temps et les époques, considérées comme aliénées et emprisonnées dans les murs de ce genre d’établissements (ou brûlées vives !) par la faute des hommes ?

Ce roman, au bas mot EXTRAORDINAIRE, est le premier de celle qui n’est autre que la fille de la chanteuse Jeanne Mas. Ecrit avec beaucoup de subtilité et de délicatesse, il dépeint une époque pas si éloignée de la nôtre au cours de laquelle les femmes étaient contraintes de tout accepter sans broncher sans quoi elles finissaient au mieux dans ce genre d’endroits, au pire, dans la fosse commune. Lectrices, voilà un roman qui vous marquera sans doute très longtemps.      

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