La manufacture des sœurs Steinmann

Déjà orphelines de mère, Johanna (Luise Heyer) et Marie Steinmann (Maria Ehrich) perdent par une froide soirée d’hiver leur père, souffleur de verre respecté mais… ruiné. Par solidarité envers les jeunes femmes, Monsieur Heimer, responsable d’une verrerie voisine, vient leur proposer de les embaucher ; les deux postes, à la peinture et à l’emballage, sont à prendre (ou à laisser) dès le lendemain matin. Marie, qui rêvait déjà de perpétuer l’activité de son père, avec lequel elle avait appris à souffler le verre, voit ses espoirs s’envoler quand sa sœur lui rappelle, d’une part, qu’il est interdit pour les femmes de s’adonner à ce genre d’activités et, d’autre part, qu’elles ne pourront plus se nourrir ni se chauffer très longtemps. 

La verrerie Heimer est un endroit crasseux, on y étouffe, et, pour couronner le tout, le regard du fils Heimer, Thomas, se fait lourd et gênant. Révoltée contre les conditions de travail désastreuses qui sont les leurs, Johanna claque la porte et se fait embaucher dans la ville voisine comme assistante d’un commerçant de vaisselle réputé. Pensant pouvoir redresser leur situation financière grâce à ce nouvel emploi correctement rémunéré cette fois, Johanna oublie que sa jeune sœur, qui passe en semaine toutes ses soirées seule, souffre terriblement de cet isolement qui est nouveau pour elle… C’est dans la noirceur des évènements que leurs destins, à jamais liés par l’héritage de leur père, vont pouvoir se mettre en mouvement…

Marie et Johanna Steinmann

Marie et Johanna Steinmann

Réalisé par Christiane Balthasar (qui, au passage, nous adresse un clin d’œil en apposant son nom sur l’enseigne d’une boutique) La Souffleuse de Verre c’est, avant tout, une atmosphère. On sentirait presque la morsure du froid hivernal, l’odeur des grands sapins de la forêt allemande et celle du gaz qui jaillit tout à coup du néant pour sculpter les barres de verre. On est vite fasciné par cette matière, vivante, incandescente, iridescente, qui prend des formes extraordinaires (lorsqu’on sait y faire)

Mais La Souffleuse de Verre, c’est aussi et surtout le film d’une femme en hommage à toutes ces femmes, qui, humiliées, dénigrées, utilisées, trouvent en elles le courage, la force extraordinaire de se relever, de se soutenir et de renverser les obstacles pour parvenir à prendre la place qui leur revient. Un film très réussi, qui se termine sur une belle note d’espoir, à la façon d’un conte de Noël. 

La manufacture des sœurs Steinmann  dans S'ouvrir à l'art, c'est s'ouvrir à l'autre... 3341396-211x300

Bande-annonce  : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19589673&cfilm=251235.html

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