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LA star du studio Ghibli !

27 avril 2019

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Dans le cadre du Festival International du Film des Villes Jumelées, l’Association Reims Rayonnement International a fait le choix de mettre à l’honneur, pour le jumelage de la ville de Reims avec la ville de Nagoya au Japon, le film d’animation star du célèbre studio Ghibli, Mon Voisin Totoro. Diffusé depuis le 24 avril au cinéma Opéra de Reims, c’est un grand classique des films d’animation japonais à ne surtout pas manquer. C’est aussi l’occasion d’aller voir un dernier film, peut-être, au cinéma Opéra qui fermera prochainement ses portes pour emménager place d’Erlon. Non sans un gros pincement au cœur pour ma part car je suis personnellement très attachée à ce cinéma… Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos curieuses bêtes de la forêt !

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Alors que leur mère est hospitalisée, Satsuki et sa sœur Mei, deux fillettes de 10 et 4 ans, emménagent avec leur père au beau milieu de la campagne japonaise dans une maison qui, à l’évidence, n’a pas été habitée depuis bien longtemps. Le bois est vermoulu, les volets coincent et… de curieuses habitantes hantent les lieux ! Les « noireaudes », comme on les appelle ici, sont en réalité de petites boules de suie inoffensives qui, effrayées par la lumière, déguerpissent dès qu’on ouvre les fenêtres. Autre fait étrange : des glands tombent au sol par dizaines sans qu’aucun animal n’en soit visiblement à l’origine… 

Mais les noireaudes et les mystérieux glands qui apparaissent comme par magie ne sont pas les seules curiosités qu’on trouve dans ces lieux. Alors que Mei part seule à la découverte du grand jardin, elle rencontre de curieuses petites bêtes poilues, qui apparaissent et disparaissent à loisir, occupées à ramasser des glands… Amusée, la fillette les suit et tombe tout à coup sur LA star de cette forêt : un Totoro, gigantesque animal poilu à la voix de baryton qui ne ressemble à rien d’autre qu’à lui-même. Lorsqu’elle raconte son incroyable aventure à sa sœur Satsuki, cette dernière croit qu’elle n’aura jamais la même chance d’apercevoir l’animal… Pourtant, au moment où elle s’y attend le moins, la jeune fille tombe nez à nez avec lui et, alors qu’il pleut des cordes et que l’animal est trempé, lui prête un parapluie. Elle ignore encore que l’animal le lui rendra au centuple… 

Satsuki prêtant un parapluie à Totoro

Satsuki prêtant un parapluie à Totoro

On dit que Totoro est le Mickey Mouse japonais et qu’Hayao Miyasaki, son célèbre créateur, est l’égal de Walt Disney pour avoir créé cet extraordinaire personnage. Totoro est d’ailleurs devenu l’emblème du studio d’animation fondé en 1985 par Hayao Miyasaki, le studio Ghibli. 

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Mais pourquoi diable Mon Voisin Totoro a-t-il rencontré un tel succès lors de sa sortie en 1988 ? Il faut bien entendu le voir pour le comprendre car il rassemble à lui seul tous les ingrédients qui touchent l’âme des (grands) enfants que nous sommes encore et toujours. Il y a d’abord la découverte de la nature, merveilleuse et amusante, par deux enfants qui mesurent leur chance de pouvoir l’explorer à loisir. Puis vient la rencontre avec les esprits de la nature, qui, par leur discrétion et leur bienveillance, offrent protection et croissance au monde végétal. Enfin, la magie opère quand l’espoir, qui semblait totalement anéanti, renaît tout à coup grâce à l’aide extraordinaire de ces esprits de la nature, invisibles aux yeux des adultes, mais si présents et si protecteurs pour les enfants… 

Une dernière séance est prévue demain matin à 10 heures 30, mais si vous n’avez pas la possibilité de le voir en salle, il vous reste quand même l’option DVD.

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Bande-annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19380358&cfilm=14790.html

Histoire du Studio Ghibli : https://fr.wikipedia.org/wiki/Studio_Ghibli

 

 

 

 

Petit manuel pour vivre une vie heureuse

23 avril 2019

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Né aux alentours de l’an 4 avant Jésus Christ dans le sud de l’Espagne, Sénèque eut une vie bien remplie. Après avoir reçu une excellente éducation, il fut tour à tour conseiller à la cour impériale, précepteur de Néron, consul, ce qui ne l’empêcha pas d’écrire en parallèle des tragédies et des traités philosophiques. 

Buste de Sénèque - Musée du Prado

Buste de Sénèque – Musée du Prado

Appartenant à l’école stoïcienne, qui, en résumé, prônait le détachement pour atteindre la liberté intérieure, ses deux traités De la Vie Heureuse et De la Brièveté de la Vie, ont été rédigés à la manière de modes d’emploi destinés à ceux et celles qui souhaitent vivre heureux. 

Voici donc quelques extraits de ces deux traités, qui, peut-être, vous donneront quelques clés pour atteindre le bonheur… 

1/ Ne rien attendre, ne rien redouter. 

- « on peut appeler heureux celui qui est exempt de désirs et de craintes »

- « une fois qu’on a chassé aussi bien ce qui nous irrite que ce qui nous effraie, il s’ensuit une tranquillité, une liberté perpétuelles »

-  « je me règle sur la nature, ne pas s’éloigner d’elle, se plier à sa loi et à son exemple, voilà la sagesse » 

- « le plus grand obstacle à la vie est l’attente, qui espère demain et néglige aujourd’hui »

2/ Oser ne ressembler qu’à soi-même

- « nous guérirons à la seule condition de nous distinguer de la multitude » 

- « ce sont les sentiers les plus battus et les plus fréquentés qui égarent le mieux »

- « la vie heureuse, c’est donc celle qui est en accord avec sa propre nature » 

- « Que l’homme ne se laisse ni corrompre, ni dominer par les choses extérieures et ne place son admiration qu’en lui-même » 

3/ Avoir le goût de l’effort, chercher à progresser

- « L’homme véritable se doit d’admirer, même lorsqu’ils chutent, ceux qui entreprennent de grands efforts. »

- « Il ne faut pas croire qu’il puisse y avoir de vertu sans labeur »

- « Tout ce que la constitution de l’univers nous astreint à souffrir, endurons-le en faisant preuve de grandeur d’âme » 

- « pendant que ton sang est chaud, il faut marcher d’un pas vigoureux vers un but meilleur »

 4/ Faire bon usage du temps qui nous est imparti

- « Nous n’avons pas un temps trop court ; mais nous en perdons beaucoup »

- « Comme la nature humaine est sottement insouciante lorsqu’elle repousse à cinquante ou soixante ans les saines résolutions »

- « le plus grand gaspillage de la vie, c’est l’ajournement »

- « Dirais-tu qu’ils mettent à profit leur loisir, ceux qui passent leur temps entre le peigne et le miroir ? »

5/ Apprendre à exister et non à vivre : apprivoiser la mort

- « il faut, sa vie durant, apprendre à mourir »

- « Ne va donc pas croire que les cheveux blancs et les rides prouvent qu’un homme a longtemps vécu : il n’a pas longtemps vécu, il a longtemps été »

- « ainsi (…) le sage n’hésitera pas à marcher vers la mort d’un pas assuré »

- « seuls mettent à profit un loisir ceux qui se vouent à la sagesse ; ils sont les seuls à vivre car ils ne se contentent pas de bien gérer leur existence mais y ajoutent tous les siècles, et toutes les années qui les ont précédés leur sont acquises » 

 

Quelle ironie que cet homme, pour qui la sagesse consistait, entre autres, à ne pas gaspiller son temps d’existence en intrigues, ait pourtant passé sa vie au beau milieu de complots et de trahisons en tous genres. A tel point qu’il termina sa vie contraint de se suicider. Même dans sa mort, qui fut lente à venir, il trouva la force de ne pas gaspiller ce précieux temps qu’il lui restait encore en rédigeant un dernier discours… 

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La Vie Heureuse, La Brièveté de la Vie, Sénèque, éditions Arléa, 1995. 

 

L’incroyable expédition du professeur Lindenbrock

22 avril 2019

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Hambourg, 1863. Dans son atelier, le professeur Otto Lindenbrock, minéralogiste, géologue mais aussi polyglotte tente de déchiffrer un document écrit en runes, aidé par son neveu. Tout à coup, un vieux parchemin poussiéreux et jauni glisse de l’ouvrage, attisant immédiatement la curiosité des deux érudits. C’est le neveu, Axel, qui, le premier, va réussir à déchiffrer l’incroyable message qu’il détient.

Le savant islandais qui l’a rédigé au XVIème siècle y explique en effet qu’au cours d’une expédition réalisée dans le cœur d’un volcan islandais aujourd’hui éteint, le Sneffels, il a découvert un monde souterrain intact, totalement préservé. Excité, affolé, bouleversé par cette fabuleuse découverte, le truculent professeur décide de partir au plus tôt direction l’Islande, fermement décidé à prouver au monde entier que le savant dit vrai. Et il exige qu’Axel, son jeune neveu, l’accompagne sur-le-champ. A son grand désarroi.

Otto Lindenbrock dessiné par Edouard Riou en 1864

Otto Lindenbrock dessiné par Edouard Riou en 1864

S’ensuit alors un long et fastidieux voyage pour gagner l’Islande, dans un premier temps, qui n’est toutefois rien en comparaison du dangereux périple pour ensuite atteindre le cratère de ce volcan éteint (mais qui pourrait bien se réveiller d’un instant à l’autre !) Leurs équipements soigneusement préparés, leurs vivres scrupuleusement rationnées, les deux érudits partent à l’aventure non sans avoir embauché Hans, chasseur islandais au sang-froid déconcertant, pour les assister fidèlement durant leur descente dans les entrailles de la terre. Et de sang-froid, ils auront bien besoin en raison de ce qui les attend tout en bas…

A lire Voyage au Centre de la Terre, on se dit que Jules Verne a quand même eu une riche idée lorsqu’il a interrompu ses études de droit pour devenir écrivain ! On l’imagine mal avoué (officier juriste à cette époque) en train de plaider une cause quelconque pour un riche client. L’homme avait bien trop d’imagination pour cela ! Voyage au Centre de la Terre est l’un des premiers romans de ce qui constituera plus tard une véritable collection, celle des Voyages Extraordinaires, à laquelle Jules Verne consacrera une bonne quarantaine d’années de sa vie. 

Et parce que les voyages immobiles sont aussi importants sinon plus que les vrais, je vous recommande la lecture de cet ouvrage dans son jus, comme on dit, par exemple, dans la collection La Galaxie de chez Hachette (1974) avec les illustrations sombres et hachurées d’Edouard Riou. De quoi vivre intensément cette descente mouvementée au cœur des entrailles de notre bonne vieille terre… 

Voyage au Centre de la Terre, collection La Galaxie, Hachette, 1974

Voyage au Centre de la Terre, collection La Galaxie, Hachette, 1974

 

 

Ainsi vivait le calligraphe

21 avril 2019

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Se lever à l’aube. Faire le tour du jardin. Y respirer le parfum des fleurs et nourrir les carpes. Entrer dans l’atelier pour chercher sans cesse à parfaire le trait calligraphié, à atteindre la maîtrise du geste jusqu’à ce qu’il devienne le reflet d’un parfait équilibre entre puissance (yang) et finesse (yin) Faire une pause à l’heure du thé. Le soir venu, pratiquer un autre art ; celui de la méditation. Lire quelques pages d’un livre avant endormissement. Fermer les yeux et recommencer le lendemain matin. 

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Ainsi vivait Maître Kuro, droit comme un i dans son kimono noir. A la manière d’un moine, à la recherche de l’harmonie absolue. Mais alors que le calligraphe se pensait en bonne voie pour perfectionner son geste, domestiquer ses pensées et son corps, une enveloppe rouge parvient jusqu’à lui. Une missive qui, telle la boîte de Pandore, va vite semer la zizanie dans la vie si réglée du calligraphe… 

Lire Zen, de Maxence Fermine, c’est suspendre le temps qui nous glisse entre les doigts. C’est suivre du regard Maître Kuro en pleine contemplation de son jardin, l’observer reproduire des centaines de fois le même geste, inlassablement, l’accompagner dans sa longue marche jusqu’à Kyoto pour aller chez le marchand de couleurs… 

De cette douceur enveloppante surgit brutalement un message fort : comment peut-on progresser et s’améliorer si la vie ne nous envoie aucune nouvelle leçon à apprendre ? On l’aurait presque oublié en partageant le quotidien monacal de Maître Kuro… 

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Zen, de Maxence Fermine, est paru aux éditions Michel Lafond en 2015.

En savoir plus sur l’auteur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Maxence_Fermine

 

 

Rosemund et le Wood Notes Wild

16 avril 2019

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En partant, elle lui avait pourtant laissé de quoi s’accrocher à la vie : une enfant tendre et douce, un magnifique jardin si bien entretenu et de nombreux souvenirs heureux… Mais la douleur fut si intense pour le révérend Simeon Cheney que, lorsque sa femme Eva mourra en couches à seulement 24 ans, il décida de se laisser mourir lui aussi. Lentement, mais sûrement.

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Plutôt que de consacrer le temps et l’énergie qu’il lui restait encore à sa petite Rosemund, le pasteur, aveuglé par le chagrin, passa sa vie à l’ignorer, puis à la détester à tel point que, lorsque la haine devint trop forte, il la chassa violemment du presbytère. Après tout, cette enfant n’était-elle pas responsable de la mort de son épouse tant aimée ? Lui avoir pris sa vie n’avait pas suffi, il fallait à présent qu’elle prenne aussi son visage ! Trop, c’était trop. 

Une fois sa fille exilée, le révérend fit le vide autour de lui. Plus de fidèles, plus d’enfant. Juste les sonorités fabuleuses du beau jardin qu’Eva, l’épouse tant regrettée, passait ses journées entières à entretenir. C’est ainsi que Simeon apprit à écouter avec soin et délectation tous les sons qui l’entouraient, depuis le clapotis de l’eau jusqu’au chant des oiseaux. De manière obsessionnelle, il passa le reste de sa triste vie à reproduire ces sons sur des partitions qui se transformèrent en véritable encyclopédie qu’il tenta de faire publier. En vain. Lorsqu’il ferma les yeux, c’est sa fille unique, celle qu’il n’avait jamais su aimer, qui, sur ses maigres deniers personnels, fit publier en 1892 le Wood Notes Wild écrit avec tant de passion par son père… 

En choisissant de lire Dans ce jardin qu’on aimait, de Pascal Quignard, j’avais probablement imaginé avoir déniché l’égal du Parfum, de Patrick Süskind, l’un de mes livres préférés. Süskind avait su sublimer l’ensemble des odeurs et parfums en un seul roman, Pascal Quignard devait ici avoir fait de même avec les sons. J’étais loin de me douter, à la lecture de la quatrième de couverture, que de sons il n’y aurait quasiment pas. En effet, le but de l’ouvrage n’était pas de décrire les beautés du Wood Notes Wild du révérend, mais uniquement de nous conter sa triste vie.

En lot de consolation, j’ai eu la surprise de lire une pièce de théâtre, témoin des échanges souvent amers de Rosemund avec son père, entrecoupés des précisions d’un récitant. Si le roman est bien écrit, le sujet reste toutefois bien fade, pénible et douloureux.

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Dans ce jardin qu’on aimait, de Pascal Quignard, est paru en 2017 aux éditions Grasset.

 

Une jolie découverte : le kirigami !

15 avril 2019

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Nous sommes nombreux, en France et dans le monde entier, à apprécier la culture et les traditions japonaises. Les plus jeunes d’entre nous partagent souvent une passion commune pour les mangas et autres cosplays, ces costumes qui les glissent durant quelques heures dans la peau de leurs personnages favoris. Les moins jeunes, sont, quant à eux, admiratifs des magnifiques estampes d’Hokusai ou d’Hiroshige, des tenues traditionnelles des geishas ou encore de cet art millénaire qu’est la cérémonie du thé. D’autres formes d’arts, popularisées par les médias, ont fait leur apparition en France ces dernières années parmi lesquelles le shodo, la calligraphie japonaise qui transforme l’écriture en un trésor d’esthétisme, l’origami, cette technique exigeante de pliage (ori) du papier (gami) ou encore le kokedama qui consiste à faire croître des plantes dans des sphères de mousse.

Personnellement, je m’intéressais déjà aux arts et techniques cités ci-dessus ; vous trouverez d’ailleurs sur ce blog de nombreuses critiques de films et dessins animés japonais notamment. Mais voilà qu’au détour d’une foire aux livres ce week-end j’ai découvert un nouvel art traditionnel dont je n’avais jamais entendu parler auparavant : le kirigami, ou l’art de couper (kiri) le papier (gami) Et comme à chaque nouvelle découverte en provenance du Japon, j’ai été absolument émerveillée par le résultat…

Cathédrale en kirigami

Cathédrale en kirigami

Bien sûr, si, à l’origine, le kirigami était un art manuel réalisé avec une grande dextérité (et une bonne dose de patience) ce n’est aujourd’hui plus le cas avec le développement de la technique de découpe au laser. Mais force est de constater que le résultat est absolument divin dans les deux cas. Les plus courageux qui souhaiteraient se lancer à la maison avec un simple cutter pour créer des faire-part de mariage ou de naissance, par exemple, recevront sans aucun doute de chaleureuses félicitations pour leur travail d’orfèvre et le rendu unique de leurs créations. A l’inverse de toutes les autres, il est évident qu’une invitation en kirigami sera soigneusement conservée, et non jetée à la corbeille une fois l’évènement passé !

En savoir plus sur le kirigami : https://fr.wikipedia.org/wiki/Kirigami

Et se lancer !  https://www.kirigami.fr/

Un destin tout tracé

11 avril 2019

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Alors qu’il a 7 ans à peine, le petit Grégoire, mû par l’amour qu’il porte à ses parents et à ses grands-parents, leur récite un poème touchant qu’il a lui-même rédigé à leur attention. L’enfant est loin de se douter quel séisme ses simples mots viennent de provoquer ; c’est officiel, il sera l’écrivain de la famille.

Ainsi, quand le couple que forme ses parents part à vau l’eau, que plus personne dans cette famille ne parvient à dialoguer, l’écrivain en herbe tente fidèlement de trouver les mots pour adoucir leurs maux. Le grand-père maternel décède ; c’est bien entendu à lui que sa mère, dévorée par la peine, confie la responsabilité de rédiger de l’éloge funèbre. A son père qui devient sourd et profondément malheureux de perdre l’amour de sa femme, il fait parvenir quelques mots écrits sur une carte postale, qui, même s’il ne le sait pas encore, lui sauveront la vie. 

Lorsqu’il rencontre celle qui deviendra sa femme, cette fois encore impossible d’échapper à la mission dont on l’a chargé. Monique n’a en effet qu’un seul objectif : attendre qu’il termine son premier roman pour vivre dans l’opulence à laquelle elle aspire tant… Mais les mots ne viennent pas et le roman stagne. C’est alors que l’étincelle jaillit enfin devant une réclame (comme on l’appelait à l’époque !) Grégoire comprend à présent ce à quoi les mots lui serviront : il les utilisera tels des uppercuts pour faire passer des messages incisifs. Voilà comment le fardeau de l’écriture devint tout à coup enchantement pour l’auteur…

L’Écrivain de la Famille, paru en 2011, est le premier roman autobiographique de Grégoire Delacourt. Et il n’est pas surprenant qu’il ait été récompensé par cinq prix littéraires et vendu à plus de 100 000 exemplaires en poche. Page après page, Grégoire Delacourt, immense auteur, sait trouver les mots justes, ceux qui bouleversent et déchirent, en particulier lorsqu’il évoque celui qu’il surnomme affectueusement Dumbo : son père. Poignant et lumineux. 

Grégoire Delacourt a écrit huit romans qui ont tous été couronnés de succès : il faut croire qu’on n’échappe pas à son destin… 

 

Un destin tout tracé dans S'ouvrir à l'art, c'est s'ouvrir à l'autre...

En savoir plus sur l’auteur  : https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A9goire_Delacourt

Comas artificiels

3 mars 2019

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C’est par une magnifique soirée d’été passée le long du port qu’Evan, qui avait alors une douzaine d’années, a assisté, totalement impuissant, à l’enlèvement de sa petite sœur Kelsie. Depuis ce jour, plus rien n’a jamais été comme avant pour ses parents comme pour lui. Evan Kester a du poursuivre son chemin malgré l’absence de ce petit rayon de soleil dans sa vie et la culpabilité dévorante de ne pas avoir su trouver le sang-froid pour l’aider. Vingt-cinq ans plus tard, il est devenu chirurgien et tente chaque jour de sauver d’autres vies. 

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Après une journée difficile à l’hôpital, Evan se fait aborder par un jeune garçon d’une dizaine d’années. Celui-ci lui explique que sa petite sœur Kelsie, qui a aujourd’hui une trentaine d’années, est toujours en vie et qu’il peut l’aider à la retrouver. Devant la colère du chirurgien, qui refuse de rouvrir la blessure, qui plus est avec un étranger, le jeune garçon donne une multitude de détails qu’il ne pouvait pas connaître : pour cela, il aurait fallu être sur place, avec Evan, le jour de l’enlèvement de la petite. La curiosité l’emporte, comme elle aurait emporté chacun d’entre nous, et Evan décide de faire confiance à cet enfant étrange qui en sait tant sur sa petite sœur. Sans savoir ce qui l’attend…

En ton âme et conscience, de Claire Norton, fait partie de ces livres « puzzle » dans lesquels les différentes intrigues s’imbriquent parfaitement au fil des pages. Bien réfléchi, très rythmé et très bien écrit. Malheureusement, on n’y croise que souffrances et autres douleurs aiguës : une famille unie pulvérisée par l’enlèvement de la fillette, un jeune garçon devenu adulte rongé par le souvenir, une femme qui doit trouver la force de laisser « partir » son frère, dans un état végétatif, vers un monde meilleur, une autre encore qui perd le même jour son mari et deux de ses enfants dans un terrible accident… Liste non exhaustive, malheureusement. 

Alors bien sûr, oui, chacun de ces personnages vient apporter sa pierre au grand édifice. Bien sûr, les rencontres ne sont pas fortuites et les destins s’entremêlent pour de bonnes raisons. Certains diraient que ce livre propose une jolie fin tout de même, car, quoiqu’il advienne, la vie continue et poursuit son oeuvre… D’autres, comme moi (des hypersensibles peut-être ; il y en a beaucoup après tout) se diront simplement que bien d’autres dénouements étaient possibles et auraient permis d’alléger nos propres souffrances à la lecture de ce livre. Au choix.

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En ton âme et conscience, de Claire Norton, est paru aux Editions Robert Laffont  en septembre 2018.

Cherchons nageur amateur (et ami)

2 mars 2019

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Voilà deux ans que Bertrand (Mathieu Amalric) n’a plus travaillé. A la maison, pendant que Claire, sa femme (Marina Foïs) s’active, lui ne quitte plus sa robe de chambre élimée et joue toute la journée à Candy Crush avachi au fond de son canapé. Bertrand sait qu’il est en train de glisser et tente de trouver la force d’y remédier en retrouvant, seul, le chemin de la piscine municipale. Après avoir dérouillé son corps dans l’eau chlorée, et alors qu’il s’apprête à quitter les lieux, une petite annonce épinglée au tableau attire son attention. Un club recherche un nageur amateur pour compléter ses effectifs. A sa grande surprise, et contre toute attente, l’entraîneuse de ce club (Virginie Effira) lui donne sa chance. La première depuis deux ans. 

C’est donc dans le bassin qu’il retrouve chaque soir des hommes plutôt taiseux, vraisemblablement malheureux, souvent frustrés par cette vie qui ne ressemble en rien à celle dont ils avaient rêvé. L’un aurait sûrement été plus heureux s’il avait trouvé un soupçon d’amour et de fierté dans le regard de sa mère, l’autre se rêvait en rock star mais n’a jamais attiré les foules, tous souffrent d’une « maladie » très répandue dans notre société ; une solitude profonde et lancinante. Rejoindre le club, c’est se sentir enfin intégré à un groupe d’amis qui écoutent patiemment les confidences et tentent de trouver les mots justes pour réconforter. 

L'équipe du Grand Bain

L’équipe du Grand Bain

Réalisé par Gilles Lellouche, qui l’a imaginé des années durant, Le Grand Bain, est un film sensible, subtil, d’une grande délicatesse. Ces hommes qui, alors que leur vie semblait vaciller, trouvent du jour au lendemain un but, un objectif à atteindre, sont tous profondément touchants. On se surprend à souffrir à leurs côtés quand ils fournissent des efforts surhumains pour être dignes du challenge auquel ils sont confrontés, on vibre avec ces hommes habitués à l’ombre projetés tout à coup en pleine lumière pour montrer au monde qu’ils sont capables de prouesses… Avec, en prime, une scène de confrontation absolument mémorable entre Claire (Marina Foïs) et sa terrible sœur (Mélanie Doutey) 

Pas étonnant que ce film ait été nommé 8 fois pour les César 2019, malgré une seule récompense pour la belle performance de Philippe Katerine (César du meilleur second rôle) Le Grand Bain a tout de même remporté le Globe de Cristal du meilleur film de comédie. Il est à présent disponible en VOD. 

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Bande-annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19580054&cfilm=235582.html

L’ange des enfants de la vallée d’Aspe

25 février 2019

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Le paysage est anguleux, vallonné, abrupt. En son cœur, le torrent du gave poursuit bruyamment sa course sous le regard vigilant d’une sentinelle à qui on a donné un nom de femme, Marie Blanque. Nous sommes en décembre dans les Pyrénées-Atlantiques, du côté de Sarrance. 

Col de Marie Blanque

Col de Marie Blanque

Il existe ici un endroit d’apparence austère pourtant empreint de chaleur humaine. Cet endroit, c’est le monastère de Sarrance, où chacun est le bienvenu. Andrée s’y occupe des corvées ménagères, Albert y prend le relais du père Pierre quand celui-ci est à l’extérieur. Il y a aussi Vincent, Xavier, Olivier… qui assurent la maintenance quotidienne de cette immense bâtisse. Mais l’âme des lieux, c’est Pierre, le curé, arrivé dans la vallée il y a près de 50 ans. 

Monastère de Sarrance

Monastère de Sarrance

Chacun ici connaît ce prêtre qui, de matines à complies, parfois même au beau milieu de la nuit, vient apporter du réconfort, donner tout son amour à celui qui réclame. Et ils sont nombreux à en avoir besoin. Agriculteurs célibataires ayant peur du lendemain, femmes battues en quête de soutien, clochards avinés et drogués venus chercher asile, prisonniers en fin de peine hébergés pour travailler dans la vallée… Sans compter les pèlerins, venus visiter le monastère. 

(Saint ?) Pierre, ange sauveur de la vallée d’Aspe, se donne tout entier à ces âmes. Il se multiplie comme Jésus l’a fait avec le pain. Parce qu’il y a au fond de lui suffisamment d’amour pour donner à l’infini. Si Pierre n’est pas au volant de sa voiture, en train de voler au secours d’une âme perdue, il est dans son monastère pour en accueillir d’autres ou en train de célébrer une messe, parfois même les funérailles des plus jeunes enfants de la vallée… 

C’est un autre Pierre, Pierre Adrian, écrivain, qui a suivi en décembre 2015 le père Pierre dans sa vie quotidienne de curé de Sarrance. Des Âmes Simples est le témoignage puissant de cet amour sans limites que donne cet homme d’église avec miséricorde à tous ceux qui croisent sa route ou implorent sa présence. Un récit qui met en lumière l’infinie solitude que traversent les âmes de ce monde, particulièrement en milieu rural, et le rôle indispensable de certaines autres, qui décident de consacrer leur vie à soulager leur peine, peu importe le « costume » qu’elles endossent pour cela. Poignant. 

Des Âmes Simples a été récompensé du prix Roger Nimier, récompensant les jeunes auteurs, en 2017.

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Et pour aller plus loin, sachez que le père Pierre a fêté son jubilé, c’est-à-dire ses 50 ans de service, en 2017 : http://www.paysdesgaves.com/2017/09/sarrance.html

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