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Tout avaler

23 mai 2020

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Mariée à un jeune homme d’affaires issu d’une famille bourgeoise, Hunter s’accroche. Cette ancienne vendeuse timide, mal dans ses baskets, qui manque clairement de confiance en elle s’accroche pour ne décevoir personne. Elle concocte de bons petits plats à son mari et tente de trouver des sujets de conversation le soir venu pour sauver leur couple, essaie difficilement d’incarner la bru idéale pour ses beaux-parents, ne dit à personne à quel point elle s’ennuie, à quel point elle manque de l’essentiel dans cette luxueuse villa dans laquelle elle (sur)vit. Les faux-semblants ont entièrement envahi sa vie. Et quand on gratte un peu le vernis, on se rend vite compte que ce mari qui a tout pour plaire n’a jamais eu le moindre sentiment pour elle, que sa belle-famille ne lui laissera aucune chance quoiqu’elle fasse, que jamais les personnes qui l’entourent ne la respecteront.

Pour tromper l’ennui et oublier momentanément la tristesse qui l’envahit, Hunter se lance un défi qui lui procure enfin un peu d’adrénaline : avaler une bille. Cette « expérience » se déroule si bien que, le lendemain, c’est une épingle qu’elle avale à son tour. S’en suivent tout un tas d’autres petits objets qui finiront bientôt par la tuer à petit feu. Jusqu’au jour où une échographie révèle au grand jour cette maladie et fait exploser tout à coup l’illusion sur laquelle repose toute sa vie…

Hunter (Haley Bennett)

Hunter (Haley Bennett)

Aucun autre film ne ressemble à Swallow, de Carlo Mirabella-Davis. Et pour cause : ce film met en lumière la maladie de Pica, cette pathologie qui contraint les malades à manger tout ce qui ne se mange pas, de la terre aux pièces de monnaie, nécessitant une prise en charge psychiatrique. Le personnage d’Hunter, finement incarné par l’actrice Haley Bennett, semble plus fragile qu’un oisillon tombé du nid. La voir s’infliger pareilles souffrances uniquement pour tenter de se sentir en vie est un crève-cœur (et un crève-estomac par la même occasion) La réussite de ce film repose entièrement sur l’hypersensibilité de cette grande actrice. Dérangeant, à tous points de vue. 

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Bande-annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19586265&cfilm=264594.html

Le bal des femmes

21 mai 2020

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La Salpêtrière, 1885. Ici vivent des femmes qu’on dit folles. Il y a Louise, l’adolescente qui a échappé à un incendie mais pas aux griffes perverses de son oncle, Thérèse, la tricoteuse de châles depuis plus de vingt ans et tant d’autres encore. Geneviève est l’infirmière qui supervise le quotidien de cet asile. Ferme et austère, anesthésiée par les blessures de son passé, elle ne croit plus en rien. Pour elle, toutes ces femmes sont perdues à jamais. Leur existence n’est utile qu’aux scientifiques qui les étudient.

Une leçon clinique à la Salpêtrière - André Brouillet - 1887

Une leçon clinique à la Salpêtrière – André Brouillet – 1887

L’établissement est en effervescence au moment où l’histoire commence : le bal des folles va avoir lieu. Ce bal est l’événement de l’année : les bourgeois y viennent en effet pour ridiculiser ces pauvres femmes déguisées qu’on donne en spectacle comme on les donnerait en pâture à des hyènes. C’est au beau milieu de cette ébullition qu’arrive une nouvelle « folle », abandonnée ici par son propre père qui ne veut plus en entendre parler.

Eugénie, c’est son prénom, n’est pas disposée à se laisser faire. Elle a été trahie, c’est tout. Elle voit des morts et parle avec eux, certes. Son seul problème a été de s’en ouvrir à une personne en laquelle elle avait confiance. C’est Geneviève qui la prend en charge à son arrivée. Pour cette femme qui ne croit en rien, la rencontre promet d’être bouleversante…

Qui sont les vrais fous dans ce premier roman de Victoria Mas, Le Bal des Folles ? Ces femmes blessées par la vie qui, ivres de douleur, sans soutien, sans assistance, ne sont pas parvenues à s’en sortir, ou les hommes qui les amènent ici pour s’en débarrasser ? Combien de femmes ont-elles été, au travers le temps et les époques, considérées comme aliénées et emprisonnées dans les murs de ce genre d’établissements (ou brûlées vives !) par la faute des hommes ?

Ce roman, au bas mot EXTRAORDINAIRE, est le premier de celle qui n’est autre que la fille de la chanteuse Jeanne Mas. Ecrit avec beaucoup de subtilité et de délicatesse, il dépeint une époque pas si éloignée de la nôtre au cours de laquelle les femmes étaient contraintes de tout accepter sans broncher sans quoi elles finissaient au mieux dans ce genre d’endroits, au pire, dans la fosse commune. Lectrices, voilà un roman qui vous marquera sans doute très longtemps.      

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Mémoires d’une grande actrice

19 mai 2020

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Alors que sa carrière est sur le point de prendre fin – encore faut-il qu’elle accepte de laisser sa place à la jeune génération ! – Fabienne (Catherine Deneuve) grande actrice de cinéma, décide de publier ses mémoires. A cette occasion, sa fille Lumir, incarnée par Juliette Binoche, scénariste à New-York et mariée à un acteur également, vient lui rendre visite avec leur fille.

Lumir avait demandé à sa mère de lui faire lire ses mémoires avant de les publier mais c’est trop tard. Et l’autobiographie se révèle être un véritable tissu de mensonges : la grande actrice nombriliste et carriériste s’est transformée comme par magie au fil des pages en mère aimante et parfaite… ce qui a le don de mettre sa fille hors d’elle-même.

Dans le dernier film dans lequel Fabienne joue, il est question de relations mère-fille, justement. Lumir, qui passe quelques jours chez sa mère, l’accompagne sur le tournage à plusieurs reprises et l’observe. Ce tournage permettra-t-il à chacune de retrouver la place qui lui revient ? Mère et fille réussiront-elles enfin à se comprendre… et à se pardonner ?

Que dire de La Vérité, réalisé par le japonais Hirokasu Kore-Eda ? L’un des derniers films dans lesquels Catherine Deneuve occupait le premier rôle, La Dernière Folie de Claire Darling, en était la copie conforme, dans les moindres détails. Une femme égoïste qui n’a jamais su occuper sa place de mère, une fille blessée à la recherche d’un peu d’affectation de sa part, une maison bourgeoise remplie de souvenirs d’enfance… Pff quel ennui !

N’y a-t-il que ce genre de rôles à proposer à Catherine Deneuve ? Ne pourrait-on pas envisager de lui confier un rôle, tout comme celui que son personnage interprète dans ce film, dans un film de science-fiction ou encore dans une comédie romantique ? N’est-elle pas fatiguée de jouer ce genre de bonnes-femmes orgueilleuses, incapables d’affection, préoccupées par leur seule existence ? Amoureux de l’inédit, de l’originalité et de l’action, un conseil : passez votre chemin. La vérité. 

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Bande-annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19584922&cfilm=264942.html

Jésus format poche

14 mai 2020

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Au décès de son grand-père, Yura (incarné par le jeune Yura Sato) doit quitter Tokyo avec ses parents pour s’installer chez sa grand-mère qu’il connait à peine. La vie au cœur de la campagne, si calme, ne ressemble en rien à la grande ville qu’il connaît et c’est un peu perdu qu’il reprend la classe en cours d’année dans l’école catholique locale. Intimidé par la situation autant que par ces coutumes religieuses auxquelles il ne connaît rien, le jeune garçon observe et tente de trouver ses marques.

Au lieu de suivre ses camarades en récréation, il décide un matin d’aller prier à la chapelle pour que Jésus l’aide à se faire des amis dans cette école. Sa grande discrétion est, en effet, un handicap pour attirer les sympathies. C’est alors que, tel un génie sorti de sa lampe, un Jésus modèle miniature apparaît comme par magie devant lui. Miracle ! Suite à cette apparition, Yura réussit effectivement à se faire un premier ami… et comprend qu’il va faire une bonne équipe avec ce Jésus de poche. 

Amis du cinéma indépendant et kitch japonais, vous êtes au bon endroit ! Ce Jésus, réalisé par un très jeune réalisateur japonais dont c’est le premier film, Hiroshi Okuyama, est un modèle du genre. Silencieux, dramatique et … totalement surnaturel. Le genre d’OVNI dont personne ne parle jamais, mais qu’il faut tout de même voir (pour le croire !) Votre nouvel ami imaginaire de poche est disponible en VOD.  

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Passerelles entre ciel et mer

9 mars 2020

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Avec un père soigneur animalier au sein d’un gigantesque aquarium et une mère ancienne dresseuse de mammifères marins, il n’est pas surprenant que la jeune Ruka se sente si proche de l’univers de la mer. Elle garde d’ailleurs des souvenirs exceptionnels de son enfance, passée à attirer par un simple mouvement de la main tous les poissons des aquariums.

Ruka

Ruka

Ce qui est plus surprenant, en revanche, c’est Umi, un jeune garçon hébergé à l’aquarium. Il a été retrouvé près d’un groupe de dugongs, qui l’ont, semble-t-il, élevé durant plusieurs années. Ce garçon est un mystère pour tous : il passe des heures à nager avec les dauphins et avec les autres espèces marines comme s’il faisait partie du « clan ». Les poissons se regroupent autour de lui en formant une sorte de ronde hypnotique, ce qui subjugue le personnel mais également la jeune Ruka. 

Umi n’est pas le seul jeune garçon étrange de cette histoire. Son frère, d’apparence si différent de lui, a les mêmes étranges pouvoirs. Aucun scanner, aucun examen sanguin n’ont réussi à déterminer en quoi ces deux garçons sont si différents des autres. Tous les deux vont entraîner Ruka vers des aventures incroyables, entre fonds marins et ciel étoilé, à la recherche de la Vérité.

Ruka et ses curieux amis

Ruka et ses curieux amis

Les Enfants de la Mer, film d’animation réalisé par le japonais Ayumu Watanabe et sorti en juillet 2019 a été clairement conçu pour faire rêver. Pas par son histoire, pas toujours très claire ni très logique soit dit en passant, mais par son univers fait de camaïeux de bleus, de mauves et de rouges, reflets du ciel dans l’océan, ou de l’océan dans le ciel, on ne sait plus très bien et tant mieux.

Les yeux de ces trois enfants qui communiquent avec la nature sont les miroirs des levers et des couchers de soleil, des vagues de toutes les couleurs, des ombres dessinées par les baleines lorsqu’elles viennent à leur rencontre. C’est sans doute LA véritable réussite de ce film d’animation dont on ne souviendra plus vraiment l’histoire, mais uniquement l’univers écolo onirique et magique. Les Enfants de la Mer est disponible en VOD. 

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Bande-annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19584709&cfilm=272441.html

La rébellion des Octogéniaux

8 mars 2020

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Bienvenue impasse des Colibris, où se sont installés voilà une soixantaine d’années Rosalie, Gustave, Marius, Joséphine et un couple toujours uni, Anatole et Marceline Masson. Ces voisins, qui ne partagent plus grand-chose aujourd’hui, vivent ici avec tous leurs souvenirs. Lorsqu’ils apprennent que le maire a décidé de raser leur quartier pour créer une nouvelle école, ils lui déclarent immédiatement la guerre. Rebaptisés « Octogéniaux » ces octogénaires en colère se réunissent et affûtent leurs armes pour riposter. L’occasion pour eux de se redécouvrir, d’ailleurs.

Les Vieux de la Vieille - 1960 - réalisé par Gilles Grangier

Les Vieux de la Vieille – 1960 – réalisé par Gilles Grangier

Même à 80 ans, l’imagination ne manque pas chez ces joyeux drilles ! Grégoire, petit-fils d’Anatole et de Marceline Masson, à présent journaliste, vient leur prêter main forte pour leur offrir une meilleure visibilité dans ce combat qui les oppose au maire de la commune. Grâce à son aide, les Octogéniaux vont vite impressionner la France entière, tombée sous le charme de ce groupe de vieux rebelles.

Ces voisins charismatiques au style peu académique réussiront-ils à défendre leur village gaulois de l’ennemi ? Une chose est sûre : la bataille risque fort de leur offrir une seconde jeunesse… On rit beaucoup à la lecture de Quand nos souvenirs viendront danser, de Virginie Grimaldi. Ils en ont encore sous la pédale, ces papys et mamies ! Mais on pleure aussi. Plus encore. Parce qu’il est impossible de défendre cette impasse des Colibris sans évoquer les souvenirs qui hantent le lieu… Les premiers pas des enfants devenus grands, pas toujours comme on l’aurait souhaité d’ailleurs, le vide brutal laissé par certains absents qui se seraient eux-mêmes battus pour défendre le quartier et puis… l’accident, que personne n’a oublié.

Marceline et Anatole Masson, ça pourrait être vous, ça pourrait être moi. Un couple qui s’aime et qui voudrait terminer ses vieux jours en paix, dans un endroit où, main dans la main, ils ont grandi et fait grandir leur famille. Le combat de l’authenticité contre la modernité ; personne n’en sort jamais vainqueur. Ce roman bouleversant est aussi une invitation à la réflexion sur la place que nous donnons à nos aînés, à la fois dans nos vies mais aussi dans la société. Les aime-t-on, les respecte-t-on suffisamment pour ce qu’ils nous ont donné ?

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Souvenirs d’une vieille dame

1 mars 2020

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Elle n’est plus qu’un petit corps tout frêle, une plume tremblante sous son drap d’hôpital. Au crépuscule de sa vie, les souvenirs de Doris, 96 ans, se font plus vifs, les visages des personnes qu’elle a croisées dans sa vie reviennent une dernière fois la hanter. Transmettre ses souvenirs « pour ne pas qu’ils meurent » est la dernière obsession de cette femme qui n’a plus qu’une petite-nièce chérie, Jenny, à laquelle se confier. Avant de partir pour l’hôpital à la suite d’une vilaine chute, Doris a écrit des dizaines de feuillets pour lui raconter la véritable épopée que fut sa vie ; Jenny les lira un peu plus tard. Elle a aussi consigné, dans un petit carnet rouge, les coordonnées de chacun, rayant, les uns après les autres, les noms de ceux et celles qui sont aujourd’hui décédés et qu’elle rejoindra bientôt.

New York, 1940

New York, 1940

Celle qui n’a plus de forces a pourtant dû en faire preuve toute sa vie durant. Ballottée de Stockholm à New-York, si souvent déracinée, Doris a cherché à s’adapter en devenant tour à tour servante, mannequin, matelot… Tout en prenant à bras-le-corps les responsabilités auxquelles elle était contrainte de faire face. Ne pas flancher, rester digne, poursuivre sa route… Voilà en quelque sorte à quoi la vie de Doris a pu ressembler.  

Comment ne pas avoir le cœur serré à la lecture du récit de cette femme qui va bientôt fermer les yeux ? Un Petit Carnet Rouge, de Sofia Lundberg, nous rappelle de bien utiliser le temps qui nous est imparti pour ne rien regretter une fois l’heure venue. Partir l’esprit libre. Ne pas avoir peur de faire face à la vérité. Car, après tout, la vie n’a de sens que si on a su aimer sans rien attendre en retour. Un roman tendre et touchant. 

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Love story entre morts-vivants

29 janvier 2020

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Il s’appelle Juste et personne ne manque de lui rappeler que son prénom est particulier. Il n’y a pas que son prénom qui est curieux, d’ailleurs, il y a aussi sa veste à paillettes, qui ne correspond pas au personnage, et surtout sa mission : Juste est un passeur d’âmes. Pas un vivant qui aide les morts à passer de l’autre côté, non, mais un mort qui aide les autres morts à rejoindre leur propre coin de paradis. Il lui suffit en effet de recueillir leur plus beau souvenir afin de les projeter directement dans cet endroit où il les accompagne avant qu’une autre âme ne prenne le relais pour les diriger vers leur nouvelle « vie »

 

Juste (Thimotée Robart)

Juste (Thimotée Robart)

Alors qu’il sort du métro, Juste est suivie par une femme, une jolie rousse. Il l’arrête et elle s’en excuse : il ressemble à un homme qu’elle a follement aimé à un moment de sa vie. Juste ne se souvient plus vraiment de sa vie, ses souvenirs s’envolent ; il est un simple passeur. Mais cette rencontre l’a bouleversé et il souhaite plus que tout revoir cette femme, Agathe, qui devient sa priorité. Comment vivre pleinement cette étrange histoire d’amour qui prend place à la frontière de la vie et de la mort ?

 

Agathe (Judith Chemla)

Agathe (Judith Chemla)

Une curiosité. Voilà le bon mot pour résumer ce film de Stéphane Batut. Jusqu’au titre du film lui-même, Vif-Argent, qui fait probablement référence à l’un des mutants super-héros de l’univers Marvel, bien que le personnage de Juste incarne tout sauf la super-vitesse !

Ce film est loin d’être inintéressant, proposant une histoire d’amour très particulière et une réflexion sur la vie et sur la mort, entre lesquelles la frontière pourrait être finalement très ténue. Mais le personnage de Juste, incarné par Thimotée Robart, est malheureusement peu charismatique, quasi soporifique, à tel point qu’il rend les scènes pesantes. Judith Chemla (Agathe) met fort heureusement un peu d’énergie et de grâce dans cette étrange love story disponible en VOD. 

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Bande-annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19585106&cfilm=273668.html

 

Souffle, esprit de l’indomptable Jo March !

28 janvier 2020

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Passionnée de théâtre, Meg ne se rêve toutefois que dans le rôle de riche épouse et mère de famille comblée. Souffrant d’une timidité maladive qui lui interdit toute scolarisation, Beth, elle, trouve l’apaisement lorsqu’elle joue (divinement) du piano. Amy, la benjamine capricieuse, n’aspire, quant à elle, qu’à devenir une grande peintre. Au milieu de ces trois jeunes femmes se trouve Josephine March, dite Jo, véritable tourbillon solaire de cette maison où ne vivent que des femmes, le père étant parti sur le front. 

Jo refuse en bloc les protocoles et des conventions de son époque. Le mariage ? Certainement pas ! Hors de question que qui que ce soit la prive de sa fabuleuse liberté dont elle est tant éprise. Devenir écrivain, voilà ce que veut l’ambitieuse Jo. Elle ira même vivre à New York. Pour cela, elle noircit des pages et des pages de nouvelles avec lesquelles elle compte bien conquérir le monde. Et peu importe que ses doigts soient pleins d’encre et ses cheveux plus qu’emmêlés. Ces quatre sœurs, ce sont bien entendu – car car on ne les présente plus – les filles du Docteur March.

La mère et les soeurs March

La mère et les soeurs March

L’histoire n’est pas nouvelle : on ne compte plus le nombre d’adaptations cinématographiques du célèbre roman de Louisa May Alcott, Les Quatre Filles du Docteur March. A-t-on toutefois vu plus moderne que cette Josephine March, cheveux au vent, style débridé, clamant haut et fort à qui veut l’entendre qu’elle refuse de se marier au nom de sa chère liberté ? Cette Jo March là, portée par Saoirse Ronan (prononcez « Sursha ») jamais encore on ne l’avait vue je le garantis !

Saoirse Ronan (Jo) et Timothée Chalamet (Laurie)

Saoirse Ronan (Jo) et Timothée Chalamet (Laurie)

Saoirse Ronan, prénom irlandais qui signifie « liberté » n’a jamais aussi bien défendu le personnage de Jo March. Une Jo March post balancetonporc en quelque sorte ! A fleur de peau, passant du rire aux larmes, écœurée par l’impossibilité pour une femme de devenir riche sans devoir épouser qui que ce soit, cherchant à faire comprendre à ses sœurs, notamment à Meg dont elle est très proche, que le mariage est un enfermement, une lente et douloureuse mort de l’âme. Ce à quoi sa sœur lui répond d’ailleurs que ce n’est pas parce que ses ambitions sont différentes qu’elles sont moins louables pour autant. Pas faux ! 

Le roman est célèbre, les adaptations nombreuses, pourtant, quel souffle nouveau sur tous ces personnages ! Quel dépoussiérage ! Timothée Chalamet, dans le rôle de Laurie, le voisin fou amoureux de Jo, est lui aussi époustouflant dans la peau de ce jeune homme débordant à la fois de romantisme et d’amertume, ambassadeur de la bonne éducation ayant la plus grande peine à contenir sa rebellion. Florence Pugh détonne elle aussi dans le rôle d’Amy, la benjamine attachiante à qui on rêve souvent de donner quelques gifles.  

En résumé, si Greta Gerwig, la réalisatrice, n’a rien inventé, elle a su s’entourer de jeunes acteurs prometteurs qui ont réussi à faire souffler sur cette histoire poussiéreuse un vent de fraîcheur et de modernité inattendu. Une vraie, belle et franche réussite ! 

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Bande-annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19584910&cfilm=224808.html

 

Une actrice sismique

19 janvier 2020

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Elle était très jeune lorsqu’elle a joué dans son premier film. Par la suite, son joli grain de beauté sur la joue gauche est devenu incontournable ; Chiyoko Fujiwara est devenue une immense actrice au Japon. Les studios Ginei, qui l’ont vue grandir, sont à présent en cours de destruction et, à cette occasion, deux journalistes ont été missionnés pour aller interviewer cette grande dame du cinéma sur l’ensemble de sa carrière. Chiyoko vit aujourd’hui recluse dans les montagnes, menant une vie simple et retirée du monde. Elle a plus de 70 ans.

L’actrice aux cheveux blancs, visiblement sereine, accueille chaleureusement les deux hommes et commence à répondre à leurs questions. Ainsi se mélangent sous nos yeux la vie de cette femme et celle de l’actrice aux multiples rôles. Lorsqu’elle n’était encore qu’une adolescente avant la guerre, Chiyoko a croisé le chemin d’un dissident, blessé, qu’elle a recueilli chez elle dans le plus grand secret et dont elle a pris soin. Cet homme a dû fuir rapidement pour trouver un autre endroit où se cacher, la laissant désemparée. Chiyoko n’a, en effet, jamais pu oublier cet homme dont elle est tombée éperdument amoureuse. Toute sa vie depuis n’a été qu’une quête pour le retrouver. A-t-elle fini par croiser de nouveau son chemin ? Seule la fin du film vous donnera la clé…

Il est par moments difficile de suivre Millenium Actress, ce film d’animation réalisé en 2002 par Satoshi Kon. La véritable vie de Chiyoko et les nombreux films dans lesquels elle a joués se télescopent durant plus d’une heure, nous faisant même parfois douter de l’intrigue initiale, à savoir la rencontre du jeune dissident blessé. Les séismes, parfois violents, rythment les grands épisodes de la vie de cette femme qui l’aura finalement égrenée à courir après un hypothétique bonheur. Divertissant et agréable. Rien de plus, malheureusement. 

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Bande-annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19586432&cfilm=41241.html

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