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La rébellion des Octogéniaux

8 mars 2020

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Bienvenue impasse des Colibris, où se sont installés voilà une soixantaine d’années Rosalie, Gustave, Marius, Joséphine et un couple toujours uni, Anatole et Marceline Masson. Ces voisins, qui ne partagent plus grand-chose aujourd’hui, vivent ici avec tous leurs souvenirs. Lorsqu’ils apprennent que le maire a décidé de raser leur quartier pour créer une nouvelle école, ils lui déclarent immédiatement la guerre. Rebaptisés « Octogéniaux » ces octogénaires en colère se réunissent et affûtent leurs armes pour riposter. L’occasion pour eux de se redécouvrir, d’ailleurs.

Les Vieux de la Vieille - 1960 - réalisé par Gilles Grangier

Les Vieux de la Vieille – 1960 – réalisé par Gilles Grangier

Même à 80 ans, l’imagination ne manque pas chez ces joyeux drilles ! Grégoire, petit-fils d’Anatole et de Marceline Masson, à présent journaliste, vient leur prêter main forte pour leur offrir une meilleure visibilité dans ce combat qui les oppose au maire de la commune. Grâce à son aide, les Octogéniaux vont vite impressionner la France entière, tombée sous le charme de ce groupe de vieux rebelles.

Ces voisins charismatiques au style peu académique réussiront-ils à défendre leur village gaulois de l’ennemi ? Une chose est sûre : la bataille risque fort de leur offrir une seconde jeunesse… On rit beaucoup à la lecture de Quand nos souvenirs viendront danser, de Virginie Grimaldi. Ils en ont encore sous la pédale, ces papys et mamies ! Mais on pleure aussi. Plus encore. Parce qu’il est impossible de défendre cette impasse des Colibris sans évoquer les souvenirs qui hantent le lieu… Les premiers pas des enfants devenus grands, pas toujours comme on l’aurait souhaité d’ailleurs, le vide brutal laissé par certains absents qui se seraient eux-mêmes battus pour défendre le quartier et puis… l’accident, que personne n’a oublié.

Marceline et Anatole Masson, ça pourrait être vous, ça pourrait être moi. Un couple qui s’aime et qui voudrait terminer ses vieux jours en paix, dans un endroit où, main dans la main, ils ont grandi et fait grandir leur famille. Le combat de l’authenticité contre la modernité ; personne n’en sort jamais vainqueur. Ce roman bouleversant est aussi une invitation à la réflexion sur la place que nous donnons à nos aînés, à la fois dans nos vies mais aussi dans la société. Les aime-t-on, les respecte-t-on suffisamment pour ce qu’ils nous ont donné ?

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Souvenirs d’une vieille dame

1 mars 2020

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Elle n’est plus qu’un petit corps tout frêle, une plume tremblante sous son drap d’hôpital. Au crépuscule de sa vie, les souvenirs de Doris, 96 ans, se font plus vifs, les visages des personnes qu’elle a croisées dans sa vie reviennent une dernière fois la hanter. Transmettre ses souvenirs « pour ne pas qu’ils meurent » est la dernière obsession de cette femme qui n’a plus qu’une petite-nièce chérie, Jenny, à laquelle se confier. Avant de partir pour l’hôpital à la suite d’une vilaine chute, Doris a écrit des dizaines de feuillets pour lui raconter la véritable épopée que fut sa vie ; Jenny les lira un peu plus tard. Elle a aussi consigné, dans un petit carnet rouge, les coordonnées de chacun, rayant, les uns après les autres, les noms de ceux et celles qui sont aujourd’hui décédés et qu’elle rejoindra bientôt.

New York, 1940

New York, 1940

Celle qui n’a plus de forces a pourtant dû en faire preuve toute sa vie durant. Ballottée de Stockholm à New-York, si souvent déracinée, Doris a cherché à s’adapter en devenant tour à tour servante, mannequin, matelot… Tout en prenant à bras-le-corps les responsabilités auxquelles elle était contrainte de faire face. Ne pas flancher, rester digne, poursuivre sa route… Voilà en quelque sorte à quoi la vie de Doris a pu ressembler.  

Comment ne pas avoir le cœur serré à la lecture du récit de cette femme qui va bientôt fermer les yeux ? Un Petit Carnet Rouge, de Sofia Lundberg, nous rappelle de bien utiliser le temps qui nous est imparti pour ne rien regretter une fois l’heure venue. Partir l’esprit libre. Ne pas avoir peur de faire face à la vérité. Car, après tout, la vie n’a de sens que si on a su aimer sans rien attendre en retour. Un roman tendre et touchant. 

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Love story entre morts-vivants

29 janvier 2020

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Il s’appelle Juste et personne ne manque de lui rappeler que son prénom est particulier. Il n’y a pas que son prénom qui est curieux, d’ailleurs, il y a aussi sa veste à paillettes, qui ne correspond pas au personnage, et surtout sa mission : Juste est un passeur d’âmes. Pas un vivant qui aide les morts à passer de l’autre côté, non, mais un mort qui aide les autres morts à rejoindre leur propre coin de paradis. Il lui suffit en effet de recueillir leur plus beau souvenir afin de les projeter directement dans cet endroit où il les accompagne avant qu’une autre âme ne prenne le relais pour les diriger vers leur nouvelle « vie »

 

Juste (Thimotée Robart)

Juste (Thimotée Robart)

Alors qu’il sort du métro, Juste est suivie par une femme, une jolie rousse. Il l’arrête et elle s’en excuse : il ressemble à un homme qu’elle a follement aimé à un moment de sa vie. Juste ne se souvient plus vraiment de sa vie, ses souvenirs s’envolent ; il est un simple passeur. Mais cette rencontre l’a bouleversé et il souhaite plus que tout revoir cette femme, Agathe, qui devient sa priorité. Comment vivre pleinement cette étrange histoire d’amour qui prend place à la frontière de la vie et de la mort ?

 

Agathe (Judith Chemla)

Agathe (Judith Chemla)

Une curiosité. Voilà le bon mot pour résumer ce film de Stéphane Batut. Jusqu’au titre du film lui-même, Vif-Argent, qui fait probablement référence à l’un des mutants super-héros de l’univers Marvel, bien que le personnage de Juste incarne tout sauf la super-vitesse !

Ce film est loin d’être inintéressant, proposant une histoire d’amour très particulière et une réflexion sur la vie et sur la mort, entre lesquelles la frontière pourrait être finalement très ténue. Mais le personnage de Juste, incarné par Thimotée Robart, est malheureusement peu charismatique, quasi soporifique, à tel point qu’il rend les scènes pesantes. Judith Chemla (Agathe) met fort heureusement un peu d’énergie et de grâce dans cette étrange love story disponible en VOD. 

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Bande-annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19585106&cfilm=273668.html

 

Souffle, esprit de l’indomptable Jo March !

28 janvier 2020

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Passionnée de théâtre, Meg ne se rêve toutefois que dans le rôle de riche épouse et mère de famille comblée. Souffrant d’une timidité maladive qui lui interdit toute scolarisation, Beth, elle, trouve l’apaisement lorsqu’elle joue (divinement) du piano. Amy, la benjamine capricieuse, n’aspire, quant à elle, qu’à devenir une grande peintre. Au milieu de ces trois jeunes femmes se trouve Josephine March, dite Jo, véritable tourbillon solaire de cette maison où ne vivent que des femmes, le père étant parti sur le front. 

Jo refuse en bloc les protocoles et des conventions de son époque. Le mariage ? Certainement pas ! Hors de question que qui que ce soit la prive de sa fabuleuse liberté dont elle est tant éprise. Devenir écrivain, voilà ce que veut l’ambitieuse Jo. Elle ira même vivre à New York. Pour cela, elle noircit des pages et des pages de nouvelles avec lesquelles elle compte bien conquérir le monde. Et peu importe que ses doigts soient pleins d’encre et ses cheveux plus qu’emmêlés. Ces quatre sœurs, ce sont bien entendu – car car on ne les présente plus – les filles du Docteur March.

La mère et les soeurs March

La mère et les soeurs March

L’histoire n’est pas nouvelle : on ne compte plus le nombre d’adaptations cinématographiques du célèbre roman de Louisa May Alcott, Les Quatre Filles du Docteur March. A-t-on toutefois vu plus moderne que cette Josephine March, cheveux au vent, style débridé, clamant haut et fort à qui veut l’entendre qu’elle refuse de se marier au nom de sa chère liberté ? Cette Jo March là, portée par Saoirse Ronan (prononcez « Sursha ») jamais encore on ne l’avait vue je le garantis !

Saoirse Ronan (Jo) et Timothée Chalamet (Laurie)

Saoirse Ronan (Jo) et Timothée Chalamet (Laurie)

Saoirse Ronan, prénom irlandais qui signifie « liberté » n’a jamais aussi bien défendu le personnage de Jo March. Une Jo March post balancetonporc en quelque sorte ! A fleur de peau, passant du rire aux larmes, écœurée par l’impossibilité pour une femme de devenir riche sans devoir épouser qui que ce soit, cherchant à faire comprendre à ses sœurs, notamment à Meg dont elle est très proche, que le mariage est un enfermement, une lente et douloureuse mort de l’âme. Ce à quoi sa sœur lui répond d’ailleurs que ce n’est pas parce que ses ambitions sont différentes qu’elles sont moins louables pour autant. Pas faux ! 

Le roman est célèbre, les adaptations nombreuses, pourtant, quel souffle nouveau sur tous ces personnages ! Quel dépoussiérage ! Timothée Chalamet, dans le rôle de Laurie, le voisin fou amoureux de Jo, est lui aussi époustouflant dans la peau de ce jeune homme débordant à la fois de romantisme et d’amertume, ambassadeur de la bonne éducation ayant la plus grande peine à contenir sa rebellion. Florence Pugh détonne elle aussi dans le rôle d’Amy, la benjamine attachiante à qui on rêve souvent de donner quelques gifles.  

En résumé, si Greta Gerwig, la réalisatrice, n’a rien inventé, elle a su s’entourer de jeunes acteurs prometteurs qui ont réussi à faire souffler sur cette histoire poussiéreuse un vent de fraîcheur et de modernité inattendu. Une vraie, belle et franche réussite ! 

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Bande-annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19584910&cfilm=224808.html

 

Une actrice sismique

19 janvier 2020

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Elle était très jeune lorsqu’elle a joué dans son premier film. Par la suite, son joli grain de beauté sur la joue gauche est devenu incontournable ; Chiyoko Fujiwara est devenue une immense actrice au Japon. Les studios Ginei, qui l’ont vue grandir, sont à présent en cours de destruction et, à cette occasion, deux journalistes ont été missionnés pour aller interviewer cette grande dame du cinéma sur l’ensemble de sa carrière. Chiyoko vit aujourd’hui recluse dans les montagnes, menant une vie simple et retirée du monde. Elle a plus de 70 ans.

L’actrice aux cheveux blancs, visiblement sereine, accueille chaleureusement les deux hommes et commence à répondre à leurs questions. Ainsi se mélangent sous nos yeux la vie de cette femme et celle de l’actrice aux multiples rôles. Lorsqu’elle n’était encore qu’une adolescente avant la guerre, Chiyoko a croisé le chemin d’un dissident, blessé, qu’elle a recueilli chez elle dans le plus grand secret et dont elle a pris soin. Cet homme a dû fuir rapidement pour trouver un autre endroit où se cacher, la laissant désemparée. Chiyoko n’a, en effet, jamais pu oublier cet homme dont elle est tombée éperdument amoureuse. Toute sa vie depuis n’a été qu’une quête pour le retrouver. A-t-elle fini par croiser de nouveau son chemin ? Seule la fin du film vous donnera la clé…

Il est par moments difficile de suivre Millenium Actress, ce film d’animation réalisé en 2002 par Satoshi Kon. La véritable vie de Chiyoko et les nombreux films dans lesquels elle a joués se télescopent durant plus d’une heure, nous faisant même parfois douter de l’intrigue initiale, à savoir la rencontre du jeune dissident blessé. Les séismes, parfois violents, rythment les grands épisodes de la vie de cette femme qui l’aura finalement égrenée à courir après un hypothétique bonheur. Divertissant et agréable. Rien de plus, malheureusement. 

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Bande-annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19586432&cfilm=41241.html

Le bal des cocus

22 décembre 2019

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Être issu d’une famille de petits aubergistes normands n’a jamais arrangé les affaires de Georges Duroy, né avec les dents longues et aiguisées. Georges a fui dès qu’il a pu cette sinistre condition direction Paris avec pour objectif d’y faire fortune, peu importe par quel moyen. On le retrouve errant dans la capitale, fauché comme les blés, occupant un simple poste d’employé de bureau pour le chemin de fer, statut qui, en aucun cas, ne peut satisfaire ses appétits féroces de pouvoir, de luxe, de prostituées et de soirées mondaines. Duroy trépigne en attendant son heure mais sa bonne étoile veille.

Il reconnaît et aborde un ancien camarade, Charles Forestier, rencontré lorsqu’il officiait au 6ème régiment des hussards. Cet homme qui se souvient de lui est un peu attristé par la condition de Georges qui, à son sens, mérite mieux qu’un simple poste d’employé de bureau. Lui qui est rédacteur dans un journal important pour les parisiens, La Vie Française, lui propose un poste similaire. Même si les débuts sont un peu difficiles, le manque de talent l’empêchant de faire des étincelles, le train de vie de Georges commence enfin à progresser et… ses ambitions dévorantes avec.

S’estimant maltraité au journal par Forestier et ses collègues, Duroy, décidément sans aucun scrupule, commence à avoir des vues sur sa femme pour se venger. Mais puisque celle-ci semble vouloir tenir ses distances pour le moment, c’est en parallèle une autre femme mariée, Clotilde de Marelle, qui devient sa rafraîchissante maîtresse. Devrait-il s’en contenter ? Certainement pas. A bien y réfléchir, conquérir la femme du directeur du journal en personne, Madame Walter, pourrait être un challenge de taille… C’est ainsi qu’on assiste, page après page, au bal des cocu.es sur fond de soirées mondaines. Où s’arrêtera donc Georges Duroy dans sa quête maladive de pouvoir ? A l’agacement de la première moitié de roman succède un véritable écœurement jusqu’à l’apothéose à la lecture des dernières pages…

Soirée Mondaine, Jean-Georges-Béraud (1849 - 1936)

Soirée Mondaine, Jean-Georges-Béraud (1849 – 1936)

Bel-Ami, du surnom qui est donné à son personnage Georges Duroy, est le titre du célèbre roman de Maupassant, publié en 1885. L’écrivain y a sans aucun doute mis en scène son double maléfique puisqu’il a commencé comme son personnage, occupant un poste ennuyeux de fonctionnaire au Ministère de la Marine. Son ascension jusqu’au rang d’écrivain reconnu ne s’est pas faite en un jour et a été la résultante de nombreuses rencontres littéraires dans des cercles fermés. Flaubert, Zola et Daudet sont devenus ses amis peu avant qu’il devienne journaliste, puis écrivain lui-même. Dans ce roman, il semble qu’il ait pris un malin plaisir à critiquer la superficialité des milieux mondains de son époque, théâtres d’intrigues, de trahisons et de déshonneurs. Très réussi ! 

 

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Valeurs ajoutées

24 novembre 2019

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3 janvier 2017, Mauléon, Deux-Sèvres. 17 personnes, qui se sont levées tôt (et qui n’ont pas pu fermer l’œil de toute la nuit) se retrouvent devant une maison ancienne. Il est l’heure de se remettre au travail. Pour ce premier jour qu’elles attendaient depuis si longtemps, tout est à construire. A commencer par les locaux en eux-mêmes, inoccupés depuis un bon moment.  

Ils s’appellent Philippe, Anne, Pierrick… et ils étaient jusqu’ici ceux qu’on appelle les « chômeurs de longue durée » Lorsqu’ils ont reçu dans leur boîte aux lettres un courrier leur expliquant que leur commune allait mettre en place un dispositif dit « Zéro chômeur de longue durée », ils ont cru à une mauvaise blague. Du travail pour tous ? Non, vraiment, ce n’était pas drôle. Et puis ça s’est vraiment produit. Parce que d’autres y ont cru pour eux. 

On ne leur a pas seulement proposé un CDI. On leur a aussi demandé quelles étaient leurs contraintes familiales, leurs compétences, leurs difficultés actuelles pour s’adapter à eux. Là où le monde de l’entreprise classique demande de solides capacités d’adaptation à ses futurs salariés, ici c’est cette curieuse « entreprise à but d’emploi » qui s’est adaptée. Afin de valoriser au maximum leurs talents et de n’en perdre aucun en cours de route.

Alors ils ressuscitent et le mot n’est pas trop fort. En véritable acteurs de la réussite de LEUR entreprise, ils créent leur charte de valeurs, aménagent leur nouvelle « maison », deviennent polyvalents pour assurer toutes les missions, souvent difficiles, que les particuliers et les entreprises leur confient. L’estime de soi revenant petit à petit, ils trouvent même de nouvelles idées pour compléter les activités dont ils ont déjà la charge. Recycler les palettes en bois d’une entreprise pour créer des poulaillers, trier les chutes de tissus pour en faire des sacs, séparer les cadres en PVC des fenêtres afin qu’ils redeviennent billes de plastique au lieu d’être incinérés par tonnes entières… Mais aussi faire du compost et jardiner pour mieux manger ensemble, le midi, lors des repas « de famille ».

Un chômeur de longue durée coûte 18 000 euros à la collectivité. Si on investit ces 18 000 euros dans un salaire, en échange de ses services, en prenant en compte ses contraintes, on change le cours de sa vie. L’équation était pourtant simple. A présent qu’elle a fait ses preuves à Mauléon, plus de 100 communes ont demandé à bénéficier de ce dispositif. Longue vie à l’ESIAM de Mauléon, et à toutes les entreprises à but d’emploi qui verront le jour dans les prochaines années. Demain, tous et toutes valorisé.es !

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Nouvelle cordée, réalisé par Marie-Monique Robin, est en salles depuis le 20 novembre. 

Bande-annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19585637&cfilm=277134.html

Site Internet de l’ESIAM de Mauléon : https://www.esiamebe.fr/copie-de-accueil

Rendez-vous en 1974

17 novembre 2019

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Ils ont la soixantaine bien passée. Marianne (Fanny Ardant) solaire, n’aspire qu’à une chose ; croquer à pleines dents les années qu’il lui restent à vivre avec une légèreté et un enthousiasme teintés d’urgence. Victor (Daniel Auteuil) lui, a décroché du monde dans lequel il vit et ne comprend rien aux nouvelles technologies qui ont remplacé ses sacro-saints crayons et carnets de croquis. Dessinateur de métier, voilà longtemps que ses talents n’intéressent plus personne. Ces deux-là, tels chien et chat, ne peuvent plus se supporter tant et si bien qu’un jour de grosse dispute Marianne met son mari à la porte avec perte et fracas.

Victor, devenu l’ombre de lui-même, se souvient du cadeau étrange que son fils lui a offert : une société propose à ses clients de remonter le temps en recréant à l’identique des lieux ou des moments historiques qui ont compté pour eux, comédiens en costumes inclus, à la demande. N’ayant plus rien à perdre, l’homme frappe à la porte de l’entreprise pour profiter de son cadeau. 8 jours plus tard, le voilà de retour en 1974, en col pelle à tarte, pour revivre avec délice le moment qui a le plus compté dans sa vie : sa rencontre dans un bistrot de quartier avec sa femme Marianne (incarnée pour les besoins de la reconstitution par une comédienne, la pétillante Doria Tillier) 

Victor (Daniel Auteuil) de retour en 1974. Photo www.premiere.fr

Victor (Daniel Auteuil) de retour en 1974. Photo www.premiere.fr

Le décor, bien que soigné et fidèle à la réalité de l’époque, ne fait pourtant que bercer de douces illusions le dessinateur. Peu importe : ce qui compte, c’est de retrouver pour quelques heures le bonheur perdu, cette période de sa vie où son cœur était encore vivant. Face à la jeune et jolie comédienne qui a endossé le rôle de sa femme, son regard attendri en dit long sur le sentiment de joie retrouvée. Mais combien de temps cela pourra-t-il durer ? Quant à Marianne, elle tente de son côté de créer une nouvelle page de sa vie, résolument tournée vers l’avenir… Mais, loin de l’homme avec lequel elle a tout partagé, cette nouvelle existence aura-t-elle réellement la saveur escomptée ?

La Belle Epoque, de Nicolas Bedos est sans l’ombre d’un doute le meilleur film que j’ai pu voir depuis au moins dix bonnes années. Sans en rajouter. Le casting merveilleux ne fait pas tout, loin de là, bien que Fanny Ardant, Daniel Auteuil et Doria Tillier soient tous les trois si touchants, drôles et sensibles. Non, définitivement ce qui fait la beauté de ce film est sans doute la justesse et la délicatesse avec laquelle les thèmes (difficiles) sont abordés. Comment se souvenir qu’on aime quand le temps a passé si vite ? Que faire du temps qu’il reste quand on sait qu’il ne restera plus longtemps ? Enfin, savez-vous combien vous seriez prêts à débourser pour rendre miraculeusement la vie à un beau souvenir passé ?

Une pure merveille à ne surtout pas rater. Le temps passe si vite… 

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Bande-annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19585425&cfilm=267228.html

Naissance d’une femme-loup

12 novembre 2019

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Corine ne se séparait jamais, pas même pour une seule journée, de son mari Paul avec lequel elle formait un couple fusionnel. Depuis son décès, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. Seule la présence maternante de sa sœur Louise (Ludivine Sagnier) réussit, par moments, à lui rendre un semblant de sourire.

Dans le studio d’enregistrement dans lequel elle travaille, son collègue et ami constate, impuissant, l’état désespéré dans lequel elle se trouve. Il lui manque, pour un projet d’album spirituel, des chants traditionnels du monde, à recueillir en Afrique et en Mongolie notamment. Décidée à fuir cette vie qui lui a tout repris, Corine part direction la Mongolie sans savoir ce qui l’attend. 

Après un long périple qui se termine à dos de cheval, Corine arrive dans un village d’éleveurs de rennes avec son interprète et participe à sa première cérémonie chamanique. Lorsqu’Oyun, la chamane, commence à taper frénétiquement sur son tambour, la jeune femme est prise d’une transe qu’elle ne peut refréner et tombe inconsciente après avoir poussé des hurlements de loup à glacer le sang. Revenue à elle, la chamane lui apprend qu’elle a, elle aussi, reçu ce don rare et qu’elle devra poursuivre au plus vite son initiation ; si elle le refuse, sa situation ne fera qu’empirer. En colère contre cette nouvelle malédiction qu’on lui annonce, Corine fuit au plus vite cet endroit et rentre en Belgique où elle vit. 

Corine (Cécile de France) à son arrivée en Mongolie

Corine (Cécile de France) à son arrivée en Mongolie

A son retour, impossible pourtant de nier l’évidence ; elle dispose effectivement de nouvelles capacités étonnantes. Et si ses « pouvoirs » lui permettaient vraiment l’accès à l’autre monde ? Si elle pouvait revoir Paul, son mari, comme ils se l’étaient promis juste avant sa mort ? N’aurait-elle pas tout à gagner à devenir chamane ? Ce fol espoir la pousse à reprendre l’avion direction ce petit village reculé où vit Oyun. L’initiation peut alors commencer…

Tourné bien souvent caméra à l’épaule dans un endroit enchanteur où se mêlent harmonieusement la forêt, les rennes, les chevaux et les ruisseaux, Un Monde plus Grand, réalisé par Fabienne Berthaud, est un petit bijou d’hypersensibilité. Bouleversante, Cécile de France, qui incarne Corine, passe de l’espoir à la colère, de l’impatience à la tristesse, de la mort à la vie. Un Monde plus Grand est l’adaptation du roman de Corine Sombrun, Mon Initiation chez les Chamanes (Albin Michel, 2004) dont c’est la véritable histoire. Elle contribue aujourd’hui à faire à progresser la recherche sur les mécanismes de la transe. 

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Bande-annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19584471&cfilm=258264.html

Biographie de Corine Sombrun : https://www.corinesombrun.com/biographie/

Une fille de l’assistance qui se contente de peu

22 octobre 2019

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Ce ne sont pas ses parents mais une sage-femme qui lui a donné à la naissance le prénom de Violette. Sa mère l’a simplement enfantée. Pas le choix. La fillette, ballottée de foyer en foyer, s’est toujours contentée de peu, comme tous ces enfants qu’on confie à l’assistance publique. Lorsqu’on la découvre elle porte le nom de son époux disparu, Toussaint, et occupe un poste de gardienne d’un cimetière. Ça ne s’invente pas.

Mais qui est donc cette femme qui évolue chaque jour au beau milieu de centaines de tombes, d’un curé à la foi inébranlable, de fossoyeurs quasi comiques et de dizaines de chats ? Elle qui incarne sans aucun doute la simplicité, la douceur et la gentillesse à elle seule n’a pas toujours été – c’est le moins qu’on puisse dire – entourée de proches présentant les mêmes qualités. A commencer par son défunt mari, qui s’est vraisemblablement volatilisé depuis une vingtaine d’années. Comment Violette Trenet, 17 ans, serveuse dans une discothèque, s’est-elle transformée avec le temps en Violette Toussaint, 45 ans peut-être, scribe appliqué de tous les enterrements de la commune et incollable sur le nom des défunts présent sur chaque sépulture ?

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Au fur et à mesure qu’on progresse dans la lecture de Changer l’eau des Fleurs, ce véritable bijou écrit par Valérie Perrin, les secrets, nombreux, et jusqu’ici soigneusement cachés, sortent de l’ombre et font l’effet de bombes. Les chocs successifs dont la pauvre Violette est victime la secouent autant que le lecteur qui, tout comme elle, en sursaute. Combien de drames lui faudra-t-il traverser pour que cette femme connaisse enfin la paix ? Le réussira-t-elle un jour ? Une chose est certaine, le nom de Résilience, plutôt que de Toussaint, aurait mieux convenu à ce personnage dont le courage forcera l’admiration de chacun. L’écriture de Valérie Perrin, sensible mais sans aucune sensiblerie, délicate mais directe, est une pure merveille. Un roman à ne surtout pas manquer.

 

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